Singularité est le second volet d’un diptyque commencé avec Instant Suspendu (2014) pour accordéon et électronique. Comme son titre le suggère, Instant Suspendu se concentrait sur un « instant » de son, pour révéler son intimité, ce qui nous en est habituellement inaudible : l’étirement de cet instant convoquait l’infini temporel. Je ne peux en effet évoquer un « instant » sans parler du même coup « éternité ». Pour moi, ces deux extrêmes coexistent, comme les histoires peuplant une bibliothèque démesurée, où les différentes chronologies s’écoulent en parallèle. L’éternité sans fin : voilà le point de départ de Singularité, qui nait dans l’horizon sonore dessiné par l’accordéon d’Instant Suspendu. De ce trait de son nait une forme de tension qui ne se relâchera jamais. Les lignes temporelles évoluent de manière concomitante et se croisent, créant de nouvelles dimensions spatio-temporelles alter-ordinaires — ce sont des points de singularités : comme une porte qu’on ouvrirait pour passer d’un espace à l’autre, comme un monde où présent et éternité sont audibles simultanément. Dans un contexte musical léger et souriant subtil et lumineux, Singularité instille chez l’auditeur un trouble indistinct, au travers d’un son manipulé dans l’intention de repousser les limites des perceptions.

Directement liée au son, par le biais d’une analyse en temps réel, la lumière, diffusée par la vidéo, nous permet de le visualiser, renforçant ainsi l’idée d’une sculpture sonique du temps et d’une architecture de l’espace, de même que la scénographie et son jeu de miroirs.

Project Cursus2 coproduction IRCAM - Centre Pompidou/TNS

supporting by SACEM 

Instrumentiste: Conservatoire de Strasbourg

Festival Musica @Théâtre National de Strasbourg

 

Video Artiste : Renaud Rubiano    http://rubiano.fr/